cosmogonie de Moïse
   
   

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Fabre d'Olivet, vocabulaire radical hébraïque
Fabre- d'Olivet


Grammaire
Chapitre 2 , les termes



Un jardin d'eden

 

 

 

 

Ch. 2, v.8
Puis l'Éternel Dieu planta
un jardin en Éden, du côté de l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait formé. (Louis Segond)

Et-il arrêta (traça), IHÔAH , Lui-les-Dieux, une-enceinte (une circonférence organique) dans-la- sphère-sensible-et- temporelle extraite - de - l’antériorité -universelle (des temps) ; et-il-plaça là ce-méme- Adam qu’il-avait-formé-pour l'éternité. (Fabre-d'Olivet, traduction littérale)

Ensuite il traça, IHÔAH, Lui-les-Dieux, une enceinte organique dans la sphère de la sensibilité temporelle, exlraite de l’antériorité universelle des temps; et il y plaça ce même Adam, qu’il avait formé pour l’éternité. (Fabre-d'Olivet, traduction dite correcte)

   
Notes (Fabre-d'Olivet)

Jérome Bosch

 

GN final, une enceinte......... Les traducteurs hellénistes ont copié, ici le mot samaritain paradis, paradis, sans l’éclaircir davantage que le mot hébreu gan, qui n’a cependant point d’autres difficultés , que celle de ne pouvoir se prêter à leurs vues. Abordons le mot samaritain, puisque c’est le seul proféré aujourd’hui. La racine de ce mot, si peu entendu, est RD, exprimant l’idée d’un mouvement circulaire, constant et facile, comme celui d’une roue; ainsi qu’on peut le remarquer dans le verbe R°OD, qui exprime l’action de tout ce qui se déploie autour de quelque chose et l’enveloppe dans son enceinte. Aussi le syriaque , le chaldaïque et l’hébreu RDID, ont-ils signifié également un vêtement de femme, une enveloppe légère entourant la personne de ses plis onduleux. Le mot samaritain,   a eu très certainement la même signification ; et ce qui le prouve sans réplique, c’est que le mot hébreu GN final, dont il est la version emphatique au moyen du signe ou P, ajouté en tête, n’a jamais eu d’autres sens que celui d’une enveloppe, d’une enceinte protectrice. Ce mot, qui tient au nom même donné à la femme par un grand nombre de peuples, signifie encore une enveloppe, dans l’italien gonna, dans l’anglais gown, dans le français gaîne, et même dans l’ancien celte gun ou goun. Il n’a pu signifier un jardin, que dans le sens où l’on considère un jardin comme enclos et environné de haies. Mais cette signification restreinte est démentie ici par le samaritain paradis, dont les analogues répondent tous au sens d'enceinte, de sphère, de voile, et d'organe, que je lui donne.
Quant à l’éthymologie hiéroglyphique du mot , la voici. Ce mot mystérieux s’élève évidemment sur la racine G.O, exprimant toute idée d’objet enveloppant et contenant sans effort, s’ouvrant et s’étendant même pour contenir et recevoir, laquelle est terminée par le signe final, extensif N final. Voyez le Vocabulaire radical, rac.. GNfinal et G.O


BWhDN final, dans-la-sphère-sensible   Lorsque ce mot a été rendu par ceux de délices et de volupté, il ne l’a été ainsi que par une suite des idées grossières qui s’attachent à tout ce qui est sensible et temporel. La racine sur laquelle il s’élève est évidente : c’est , qui exprime toute espèce de période bornée. De là ,, le temps actuel, le temps réel , les choses sensibles et transitoires, etc., etc.

MQDM final, extraite-de-l'antériorité..... Si les traducteurs hellénistes avaient voulu comprendre le mot WhDN final, ils auraient également compris celui-ci ; mais ayant esquivé le sens de l’un, ils ont dû nécessairement manquer le sens de l’autre. C’est toujours la racine WhD, qui précède, qui est encore employée ici, selon l’usage de Moyse ; mais envisagée sous un autre rapport, et modifiée par le signe initial de la plus grande force agglomérante et comprimante Q, et par le signe collectif final M final, il faut dire ici que les prêtres égyptiens concevaient deux éternités ;, QDM final, celle en-deçà des temps , et Wh.OM final, celle au-delà des temps : c’est-à-dire l’éternité antérieure et l’éternité postérieure.

 
 

 

 

Les racines suivant Fabre-d'Olivet

GN final, une enceinte

GN final. Le signe organique réuni par contraction à la R. AN final ou A°ON final, forme une racine d’où découlent toutes les idées de circuit, de clôture, d’enceinte protectrice,de sphère, d’ipséité organique.
. Tout ce qui enclôt, entoure, couvre de toutes parts ; tout ce qui forme l’enceinte d’une chose; limite cette chose, la protège ; de la même façon qu’une gaîne enclôt, limite et protège sa lame.
L'ar.offre toutes les acceptions de la racine hébraïque. C’est en général toute chose qui en couvre ou en environne une autre; c’est, en particulier, une ombre protectrice, une obscurité tant physique que morale, un tombeau. Elevé à la puissance de verbe, ce mot exprime l’action d’envelopper de ténèbres, de faire nuit, d’obscurcir l’esprit, de rendre fou, de couvrir d’un voile, d’enclore de murailles, etc. Dans l'idiome antique,a signifié un démon , un diable, un dragon ;,un bouclier ;  un égarement d’esprit; ,un embryon enveloppé dans le sein de sa mère ;, une cuirasse et toute espèce d’armure; etc. etc. Dans l’idiôme moderne, ce mot s’est restreint à signifier un enclos, un jardin.

GHE, GOU et GUI, Le signe organique, réuni, soit à celui de la vie, soit à celui de la force con­vertible convertible universelle, soit à celui de la manifestation, constitue une racine qui devient le symbole de toute organisation. Cette R. qui possède les mêmes facultés d’extension et d’agrandissement que nous avons observées dans la R. GA, renferme les idées en apparence opposées d’enveloppement et de développement, selon le point de vue sous lequel on envisage l’organisation.

L’ar. peint l’enveloppement universel , l'espace, l'atmosphère; et caractérise tout ce qui protège.

 

BWhDN final, dans-la-sphère-sensible

. WhD. Le signe du sens matériel, contracté avec la rac. AD, symbole de l’unité relative, image de toute émanation , et de toute division, constitue une racine très importante, qui, dans le style hiéroglyphique, développe l’idée du temps, et celle de toutes les choses temporelles, sensibles, et transitoires. C’est, dans le style symbolique et figuré, les voluptés du monde, les plaisirs sensuels, par opposition aux plaisirs spirituels ; c’est, dans un sens plus restreint, toute période bornée, tout retour périodique; toute durée mesurée, et constante, circulant sur elle-même.

L’ar., qui se rapporte, en général , au sens radical de l’hébreu, signifie, en particulier, compter, nombrer, supputer ; etc. On entend par le mot , le temps qui suit le temps actuel ; demain.

. Le temps actuel ; un point fixe dans l’espace ou dans le temps, exprimé par les relations à, jusqu'à, contre : un même état continué, une durée temporelle, exprimés de même par maintenant, tandis que, encore: un retour périodique comme un mois; une chose constante, certaine, évidente, palpable, dont on peut rendre témoignage ; un témoin.

. (R. intens.) Le temps continué fournit l’idée de d'éternité, de la stabilité et de la consistance: de là, découle l’action de statuer, de constituer, de poser, etc.

MQDM final, extraite-de-l'antériorité.

Wh.OD . L’action de revenir périodiquement fournit l’idée de l'évidence et de la certitude ; l’action de revenir sans cesse , fournit l’idée de d'accumulation ; celle de l’accumulation, celles des richesses, du butin, de la proie; de là, l’action de dépouiller : or, ces dernières idées, se liant à celles des plaisirs sensibles renfermées dans l’idée primitive de temps, produisent toutes celles de volupté, de sensualité, de délices, de beauté, de grâce, d’ornement ; etc., etc.

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Webographie: Le temps, l'éternité.

-Temps, Histoire et Eternité:
http://www.pierredelauzun.com/IMG/doc/Temps_Histoire_Eternite_extrait.doc

-Représentations du temps dans les religions: actes du colloque organisé par .https://books.google.com/books/about/Repr%C3%A9sentations_du_temps_dans_les_relig.html?hl=fr&id=gku1yN521uAC


-La théorie aristotélicienne du temps nombre du mouvement et sa critique plotinienne :
http://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_2003_num_101_2_7491

- Espace et Temps, Ordre et Chaos dans l'Egypte pharaonique
http://la-page-ses-marges.pagespersoorange.fr/PDF/ESPACE%20ET%20TEMPS,
%20ORDRE%20ET%20CHAOS%20DANS%20L'EGYPTE%20PHARAONIQUE.pdf


-Etudes de philosophie médiévale
https://books.google.com/books/about/%C3%89tudes_de_philosophie_
m%C3%A9di%C3%A9vale.html?hl=fr&id=nDVPAQAAMAAJ

- Les soufis
https://books.google.com/books/about/Les soufis.html?hl=fr&id=jWSwDQAAQBAJ