cosmologie et cosmogonie de Moïse
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Genese de MOïse

Chapitre Quatre
La multiplication Divisionnelle

 

KAÎN et l'ObscuRitE
HABEl et la volition

 

 

 

 

 

L'action créatrice dans la Genèse attribuée à Moïse débute avec la Principiation, base cosmogonique et cosmologique sur laquelle celle-ci se met en place. Le Chapitre 1 ou Aleph, la puissance allant vers une réalisation, est suivi de la Distinction ou création d'Adam, unité collective de type universelle, "mâle" et "femelle" simultanément, au chapitre 2, Bet ou B. indquant un lieu intérieur-clôt. Le chapitre 3, Gimel, G, signe de l'organisation, met en scène dans ce lieu une Extraction organique du Principe fondant l'action génésiaque, lequel sera l'objet au Chapitre 4, Dalet ou D d'une Multiplication divisionnelle dans laquelle Kaîn est l'acteur principal, éteignant la volition ou action de vouloir indépendante de tout objet représentée par habel. La volition, ou battement considéré inhérent à toute chose est mis en arrêt au profit d'un mouvement contractile aboutissant à une disision multplicatrice de la chose.

V. 1. Adam connut Eve, sa femme, et enfanta Caîn, et elle dit: J'ai formé un homme avec l'aide de l'Eternel.
V. 2. Elle enfanta encore son frère Abel. Abel fut berger, et caîn fut laboureur.
Louis Segond

V.1. Et-lui-Adam (l’homme universel) connut;-cette-méme hêwa (l’existence élémentaire) l’épouse- intellectuelle-sienne (sa faculté volitive) et-elle-conçut, et-elle-enfanta l’existence-de-Kaîn (le fort, le puissant; celui qui tire au centre, qui saisit, qui agglomère, qui assimile à soi) ; et-elle-dit, j’ai-centralisé, (formé par centralisation) un- être-intellectuel de-l’essence-même-de-IHÔAH.
V.2. Et-elle-ajouta par-l’action- d enfanter l’ipséité - fraternelle - à- lui, l’existence-d’Habel ; et-il-fut Habel, conducteur (surveillant) de-l'être-indéfini, (le monde corporel) et-kaîn-fut serviteur, (ellaborateur) de-l’élément-adamique
Fabre-d'Olivet. Traduction littérale

 


Kaîn

Notes et vocabulaire radical (Fabre-d'Olivet.)

" ATh-KIN final, L’existence-de-Kaîn... La racine du nom de Kaîn, est KN final, qui se compose du signe éminemment compressif et tranchant , K, Q, et de celui de l’être produit N final. Elle développe l’idée de la plus forte compression et de l’existence la plus centralisée. Dans le nom propre dont il s’agit, elle s’offre animée par le signe de la puissance manifestée I ou J : ainsi , peut signifier le fort, le puissant, le rigide, le véhément; et aussi le central, celui qui sert de base, de règle, de mesure ; celui qui agglomère, qui s’approprie, qui saisit, qui comprend, qui assimile à soi-même. C’est dans ce dernier sens que Moyse paraît l’avoir représenté dans le verbe qui suit.

KNIThI, J’ai-centralisé..... C’est le verbe, KN°OTh, employé selon la forme positive, mouvement actif, à la première personne du passé. Les traducteurs hellénistes qui lui ont fait signifier posséder, ont choisi à leur ordinaire, le sens le plus restreint. Les mots arabes et , qui portent sur la même racine, signifient battre le fer, agglomérer, égaler ensemble, former.
Je ne veux pas oublier de faire remarquer que le traducteur samaritain a rendu ce même verbe KN°OE, par lequel Moyse explique le nom de Kaîn, par  ,     régir, déployer la puissance d’un roi ; afin d’avoir lieu de dire que, dans une multitude de langues, l’idée de pouvoir et de royauté a découlé de la racine Kân, Kîn, ou Kaîn. Voyez au surplus le Vocabulaire radical.

QoPh, Q, K. Ce caractère appartient, en qualité de consonne, à la touche gutturale. Comme image symbolique, il représente une arme tranchante, tout ce qui sert d’instrument à l’homme, le défend, fait effort pour lui. On a déjà remarqué avant moi, que presque tous les mots qui tiennent à cette consonne, dans la plupart des idiomes, désignent la force et la contrainte. C’est, dans la langue hébraïque, le signe compressif et tranchant; celui de la force agglomérante ou réprimante. C’est le caractère C, entièrement matérialisé ; car voici la progression des signes : E, principe vocal , signe de la vie absolue : H, principe aspiratif, signe de l’existence élémentaire : G, principe guttural, signe organique : C, même   principe, plus renforcé, signe de l’existence assimilée, tenant aux formes seules : Q,K, même principe très renforcé, signe de l’existence matérielle mécanique, donnant le moyen des formes.

KN final. Cette racine a deux sources dont les expressions se fondent, pour ainsi dire, en une. Par la première, elle dérive de la racine K.O , image de la force aveugle qui meut la matière, réunie au signe augmentatif N final ; par la seconde, elle découle du signe compressif K , contracté avec la R. AN final , symbole de toute circonscription corporelle : de là,

Premièrement :
KN final. Tout ce qui tend avec ardeur vers une chose ; tout ce qui est envieux, envahissant, véhément, avide de gain et de possession

Secondement :
KN final. Tout ce qui se centralise, se concentre en lui-même , se dévore.
.

De ces deux racines se forme KIN final: où se rassemblent les idées opposées de tension appétante. et de compression, de véhémence et de resserrement, de puissance et de densité. Là réside la force centrale, la base profonde, la règle, la mesure des choses ; Là se trouve la faculté qui saisit, envahit, agglomère, s approprie et assimile à soi.


L’ar. , quoique tenant à la même racine que l’hébreu KN final , est pourtant loin d’avoir conservé ou développé un si grand nombre d’idées. Presque toutes celles qui étaient intellectuelles se sont effacées. Le verbe , qui participe le plus au sens radical, signifie proprement forger le fer, le frapper tandis qu’il est chaud ; souder les métaux, les réunir au moyen de la forge. On entend par , un forgeron.


ou KN final ou KNN final (R. intens.). Dans un sens propre et restreint, un nid, un centre, une canne, une mesure, un roseau, un habitacle, une possession , une acquisition, une conquête, un possesseur, un envieux, un rival ; l'envie, la jalousie, la haine; une affaire, un bien, la richesse, etc.

 


K.O. La ligne mathématique et tout ce qui la représente: un fil, une règle, un niveau; tout ce qui tend irrésistiblement à un point : par métaphore, un désir, un espoir; dans un sens figuré, le son, l’écho.

L’arabe n’est plus usité dans sa forme radicale, mais on trouve un grand nombre de ses dérivés qui tiennent tous de plus ou moins près à la R. hébraïque; tels que , obéissance, et, en général, toute espèce de chose convenable et analogue; force, valeur, vertu; faculté, puissance, etc. Comme racine onomatopée, peint, de même qu’en hébreu, un son retentissant et prolongé, comme celui du cor de chasse.

 

L'obscurité

Chap.1,v. 2. Et-la-terre existait puissance- conlingente-d etre dans-une-puissance-d’ètre : et-l’obscurité ( force compressive et durcissante) -était sur-la-face de-l’abime ( puissance universelle et contingente d'être ) ; et-le-soulfle de-Lui-les-Dieux (force expansive et dilatante) était-générativement-mouvant sur-la-face des-eaux (passivité universelle).

HShC final, l’obscurité..... Ce mot est composé de deux racines contractées , HSh- AC final. Il est remarquable dans son sens figuré et hiéroglyphique. Dais son sens figuré, c’est un mouvement comprimant et durcissant; dans son sens hiéroglyphique, c’est un combat, une opposition violente, entre les principes contraires du chaud et du froid. La racine HSh exprime un mouvement violent et désordonné,causé par une ardeur interne qui cherche à se distendre. La racine AC final peint, au contraire, un sentiment de contraction et de resserrement qui tend à se centraliser. Dans la composition du mot, c’est la force comprimante qui l’emporte, et qui enchaîne l'ardeur interne forcée de se dévorer et même.

 

Habel

Chap.4,v.2. Et-elle-ajouta par-l’action- d enfanter l’ipséité - fraternelle - à- lui, l’existence-d’Habel ; et-il-fut Habel, conducteur (surveillant) de-l'être-indéfini, (le monde corporel) et-kaîn-fut serviteur, (ellaborateur) de-l’élément-adamique

Notes et vocabulaire radical (Fabre-d'Olivet.)

, ATh-EBL,    L'existence-d'Habel... Moyse, par des raisons qui lui étaient sans doute particulières, n’a donné aucune explication ostensible à ce nom. Nous pouvons, en quelque sorte, suppléer à son silence par l’examen de la racine dont il l’a dérivé. Cette racine est BL, qui, se trouvant composée du signe de l’action intérieure B, jointe à celui du mouvement expansif L, exprime toutes les idées d’expansion, de dilatation , de ténuité. Ainsi donc, si nous avons conçu que la force compressive pouvait être caractérisée par la racine KN final, nous concevrons maintenant que la force expansive a pu l’être par la racine BL; et, par conséquent, que , toutes les fois qu’on a vu la force, la puissance, la dentité, la possession, dans le nom de Kaîn, on a vu aussi la faiblesse, la rarité, l’abandon, dans celui d'Habel.

. BL. Cette racine doit être conçue selon deux manières de se composer : par la première, la R. AL, qui peint l’élévation, la puissance, etc. s’y trouve réunie au signe de l’activité intérieure : par la seconde, c’est le S. du mouvement extensif L, qui se contracte avec la R. BA dont l’emploi est, comme nous l’avons vu, de développer toutes les idées de progression, de marche graduée, etc : En sorte que c’est dans le premier cas, une force dilatante, qui, agissant du centre à la circonférence, augmente le volume des choses, en y causant une espèce de bouillonnement, de boursouflure; tandis que dans le second, c’est la chose même qui se transporte ou qui se bouleverse, sans augmenter de volume.

BL. Toute idée de distension, de profusion, d'abondance; toute idée d'expansion, d’extension, de ténuité, de douceur. Dans un sens figuré, la spiritualité, l'âme humaine, l'âme universelle, le Tout, Dieu.

L’arabe caractérise, dans un sens restreint, tout ce qui humecte, mouille, lénifie, ramollit, rend fertile la terre, etc.

Commentaires

ATh-EBL,    L'existence-d'Habel.
(A) EBL, Habel. Son nombre est guidé par la lettre Aleph, A formant avec signe E débutant le terme, la racine AE, principe vocal. Racine interjective à laquelle s’attachent tous les mouvement passionnés de l’âme, tant ceux qui naissent de la joie et du plaisir que ceux qui émanent de la tristesse et de la douleur. C’est l’origine de toutes les relations interjectives appelées interjections par les grammatistes. Les interjections, dit Court-de-Gébelin, peu variées entr’elles par le sont à l’infini par le plus ou moins de force avec laquelle elles sont prononcées. Suggérées par la nature et fournies par l’instrument vocal, elles sont de tous les temps, de tous les lieux, de tous les peuples ; elles forment un langage universel. Il est inutile d’entrer dans le détail de leurs modifications diverses.



Racine hébraïque AE. Le signe potentiel et celui de la vie réunis, forment une racine dans laquelle réside l’idée la plus abstraite et la plus difficile à concevoir : celle de volonté; mais non de volonté déterminée ou manifestée, mais de volonté en puissance, et considérée indépendante de tout objet. C’est, la volition, ou faculté de vouloir. AE. Le signe potentiel et celui de la vie réunis, forment une racine dans laquelle réside l’idée la plus abstraite et la plus difficile à concevoir : celle de volonté; mais non de volonté déterminée ou manifestée, mais de volonté en puissance, et considérée indépendante de tout objet. C’est, la volition, ou faculté de vouloir.

(A) LBE. Comme un certain nombre de termes Habel peut se lire en sens inverse: de là: AL. L’action de s'élever, de s'étendre, d'envahir, de remplir l'espace ou la durée

la force excentrique AL. Dans le style hiéroglyphique, c’est le symbole de la force excentrique. Dans un sens restreint, c’est tout ce qui tend à un but, représenté par les relations désignatives ou adverbiales à , vers, pour, par, contre, sur, dessus; etc.

L’ar. s’emploie comme relation désignative universelle : c’est en français le, la, les; du, de la, des; à, au, à la, aux. etc. Comme verbe, il exprime dans l’idiôme antique, l’action de se mouvoir vivement, d’aller avec promptitude d’un lieu à un autre ; dans l’idiôme moderne, il signifie proprement se lasser par trop de mouvement.

LB. Le signe expansif, réuni par contraction à la R. AB, image de toute activité intérieure, de toute force appétante, désireuse, générative, constitue une racine d’où émanent toutes les idées de vitalité, de passion, de vigueur, de courage, d'audace: c’est au propre le cœur, et au figuré, toutes les choses qui tiennent à ce centre de la vie ; toute qualité, toute faculté résultante d’un déploiement de principe vital.

LB. Le cœur, le centre de quoi que ce soit, d’où rayonne la vie, et toutes les facultés qui en dépendent : le courage, la force, la passion, l'affection, le désir, le vouloir ; le sens.
L’ar. participe aux mêmes acceptions que la racine hébraïque.

 

Le sacrifice

8. Et-ensuite, il-déclara-sa-pensée, Kaîn, à-Habel le-frère-sien : et- c’était, durant-l’action-d’exister-en- semble dans-la-nature-productrice : or il-s’insurgea (s’éleva en substance, se matérialisa) contre-Habel, le-frère-sien, et-il-immola-lui.

 

     OIEI BEIOThM final, et-c’était   durant-!'action-dêtre-ensemble...... Tous les traducteurs ont cru qu’il existait avant ce mot, une lacune qu’ils se sont crus obligés de remplir, en mettant comme dans le texte samaritain, copié par les hellénistes et par St-Jérôme :: : « egrediamur foras ». Allons dans le champ , ou dehors. Mais ils n’ont pas fait attention que le verbe AM°OR, qui ne signifie pas simplement dire, mais déclarer sa pensée, énoncer sa volonté*, n’avait pas besoin, en hébreu, de ce froid régime. Kain et Habel, je le répète, ne sont point des hommes de sang, de chair et d’os ; ce sont des êtres cosmogoniques. Moyse le fait sentir ici d’une manière expresse , en disant, qu’à cette époque, ils existaient ensemble dans la nature. Ils n’y existèrent plus dès le moment que l'un se soulevant contre l’autre, l’eut accablé de ses forces.

* V. le verbe dire. C’est un acte de la volonté, et comme l’indique la composition hiéroglyphique du verbe Mem-°Waw-Res, M-°O-R, une puissance qui se déclare, se manifeste, et se réfléchit au dehors sur l’être qu’elle éclaire"

commentaire.
BEIOThM final est guidé par le signe O ou W formant avec la première lettre du terme B, la racine OB, d'écrivant une émanation


OIERGE.O, et-il-immola-lui. Ce verbe s’élève sur les deux racines contractées. La première , qui est un renforcement du primitif désigne en général, une exaltation, un exhaussement ; c’est proprement une montagne, et figurativement tout ce qui est fort, robuste, puissant : la seconde racine , caractérise un mouvement désorganisateur *. Ainsi Kaîn ne déploie contre Habel, que la puissance dont nous l’avons vu possesseur, celle qui résulte de la force physique.

 

commentaire.

OIERG.O est guidé par le signe A formant avec la première lettre du terme O, la rac. AO : indiquant l'idée d'appétance.
* Dans ce qui constitue l'existence absolue EE- Ælohîm et ce qui le caractérise, la volition.

La volition et son arrêt.